Interview : Olivier Boukpeti

Ceci est une retranscription écrite du podcast enregistré avec Olivier Boukpetit en juillet 2022.

Les Secrets du Kayak - Comment vas-tu aujourd’hui ?

Olivier Boukpeti : Ça va bien ! On est aux Championnats de France, il fait beau, les courses se passent bien, j’apprécie d’être là parmi cette belle énergie à Vichy.

Les Secrets du Kayak : Qu’est-ce que ça donne pour toi les championnats ?

Olivier Boukpeti : J’ai changé il y a peu de club, je suis à Bordeaux, je cours en vétéran et j’accompagne les jeunes qui découvrent le championnat. J’ai gagné sur le 200m, deuxième sur 500m et ce matin sixième en K2 paraduo.

Les Secrets du Kayak : Comment ça marche le paraduo ?

Olivier Boukpeti : On a une personne en para-canoë avec un handicap plus ou moins lourd qui coure avec une personne valide. C’était la première fois qu’on le faisait ensemble avec mon coéquipier, je pense qu’il y en aura d’autres.

On avait fait des tests à l’entraînement, on a bien goûté à la température de l’eau ! J’ai été ambitieux, je pensais que l’on pouvait prendre un bateau instable. Son handicap ne le lui permet pas. On a pris un bateau beaucoup plus stable du coup.

Les Secrets du Kayak : Combien de fois tu t’entraînes par semaine en tant que vétéran 2 ?

Olivier Boukpeti : Je suis donc en Vétéran 2, 44 ans, mon rythme c'est deux séances par semaine. Parfois j’en rajoute quand je le peux, notamment lorsque les échéances arrivent.

Je suis professeur des écoles. Ça prend du temps en préparation et au niveau psychologique, ça prend de l’énergie.

Je prends du temps aussi pour encadrer au club, mais je ne le compte pas comme une séance. Je passe du temps un peu sur l’eau.

Les Secrets du Kayak : Comment as-tu commencé le kayak ?

Olivier Boukpeti : C’est mon frère de trois ans moins que moi qui m’a emmené au kayak. Moi j’étais féru de foot et de tennis. Mon frère faisait du kayak, je considérais que ce n’était pas un sport mais un loisir. Et un jour, j’y suis allé avec mon cousin et j’ai réellement vu ce que c’était que de faire du kayak.

Le jour d’essai a été le grand plongeon. Et les encadrants ont su m’embarquer, me valoriser, j’ai foncé et je n’ai fait que ça. J’avais 13-14 ans.

J’ai commencé à Lagny-sur-Marne, c’était un club de slalom. C’était l’époque de la bivalence avec la descente, je faisais ces deux disciplines. J’étais à fond, on pouvait venir quand on voulait, faire beaucoup d’heures, alors qu’au foot et au tennis ce n’était pas le cas.

Les Secrets du Kayak : Tu as fait des compétitions assez rapidement ?

Olivier Boukpeti : Oui, dès septembre avec les combinés de l’avenir, la rentrée qui a suivi mes débuts. Je découvrais le kayak et la compétition. Je rêvais en voyant les meilleurs se tirer la bourre. Maintenant que je suis vétéran, j’y suis arrivé. Florent Nowakowski qui fait deuxième sur 200m aujourd’hui me faisait rêver en minime ! Aujourd’hui je le croise sur les courses. C’est un petit clin d’œil sympa.

Les Secrets du Kayak : Tu préférais plutôt le slalom ou la descente ?

Olivier Boukpeti : J’étais parti pour faire du slalom. Mais les choses ont fait que j’ai bifurqué sur la descente. J’avais des capacités physiques qui s’exprimaient plus vite et plus simplement en descente. J’avais beaucoup d’endurance, donc sur des courses de 20min j’ai vite progressé et j’avais du plaisir à m’exprimer.

Et il y avait un gars Franck Fifils qui fait pas mal de surfski, et de stand-up paddle, qui était la locomotive du club. Il jouait les podiums en descente et il a créé toute une dynamique dans le club. Il donnait beaucoup, il partageait beaucoup. Pourtant à la base, on était censé faire du slalom. Petit à petit avec les résultats qui venaient, j’ai favorisé tout naturellement la descente. J’étais trop content d’être en finale junior 1 en descente.

Les Secrets du Kayak : A ce moment là, tu t’entraînais combien de fois par semaine ?

Olivier Boukpeti : J’étais à fond, avec la culture du club on s’entraînait cinq fois par semaine c’était déjà beaucoup pour nous. Notre président a mis un partenariat en place avec un lycée, je m’entraînais cinq six fois par semaine en section sportive. C’était spécifique pour notre club. Ce n’était pas un pôle espoir, c’était un arrangement, ça existait déjà pour le judo, on s’est greffé sur ça. Ça permettait de jongler entre musculation et kayak.

Ce que je n’avais pas compris au foot, je l’ai compris au kayak. Au foot je détestais la préparation physique, mais sur un sport individuel tu en as besoin. Je me suis mis à faire des séries en course à pieds. Ce qui aussi aurait pu m’aider au foot. Le kayak a été très formateur pour apprendre à s’entraîner. J’ai de suite essayé d’appliquer plein de petites choses pour être le plus performant possible.

Les Secrets du Kayak : A partir de quand tu rentres en équipe de France jeune ?

Olivier Boukpeti : En junior, je fais six ou septième, seul les trois quatre premiers sont pris. En début de senior je recule complet, je fais 37ème ! En eau-vive, je ne comprenais pas trop la technique, notamment sur le tour de chauffe avant la course. J’avais de meilleurs résultats que pour la course en elle même.

Ensuite j’ai décidé d’aller en pôle, je suis allé à Poitiers. On m’a appris la technique, les choses à savoir sur la glisse. J’ai rencontré des gens qui m’ont beaucoup appris et fait progresser d’un coup. Je suis revenu rapidement dans les dix premiers français, jusqu’en 2001 où je me suis sélectionné en équipe de France, notamment par le sprint.

Les Secrets du Kayak : Qu’est-ce que tu as changé dans ta façon de pagayer quand tu es arrivé au pôle ?

Olivier Boukpeti : Bien choisir sa pagaie, bien se caler dans ton bateau. Savoir utiliser le tronc du corps et non pas les épaules et les bras. Prendre le temps de pagayer par la rotation.

Les Secrets du Kayak : Est-ce que tu étais fort en musculation sur les exercices de bras et épaules ?

Olivier Boukpeti : Oui notamment en biceps. J’ai vite gonflé en réalité quand j’ai commencé la musculation au pôle. Je me faisais chambrer du style « olivier n’a qu’à regarder les barres pour gonfler ». J’avais pris beaucoup de masse musculaire, mais je n’étais pas si fort que ça. Je faisais 86kg pour 1m85 et j’étais très sec. Mais j’étais souvent malade l’hiver car trop sec. On ne me le disait pas trop que j’étais trop sec, et j’étais assez fier de cela.

Les Secrets du Kayak : Chacun a un taux de gras idéal qui permet une meilleure récupération, avec un bon taux d’hormones et un bon système immunitaire.

Olivier Boukpeti : Là aujourd’hui je me sens bien, même si je ne m’entraîne plus autant. Quand je m’entraînais par exemple avec Cyrille Carré je me disais que je ne pouvais pas non plus jouer avec ces marathoniens là.

Les Secrets du Kayak : Est-ce que tu penses que l’excès de masse musculaire t’a gêné ?

Olivier Boukpeti : Je n’ai jamais pensé à ça et je ne le pense pas, on ne me l’a jamais dit non plus. Peut être que ça aurait pu me permettre de me poser des questions. C’est possible que sur du long terme ça doit jouer un peu. De toute façon mon coup de pagaie était peu économique, même si je progressais, je pense qu’il y avait beaucoup à travailler.

Je pense que je mettais des watts dans l’eau, mais je pense qu’avant ça il faut sentir ce qu’il se passe dans l’eau avec la pagaie. Ça m’a manqué ! Moi j’ai toujours eu ce côté « j’ai de l’énergie, j’ai de la force » et donc je m’appuie dessus. Avec le recul je pense que ça aurait été bien de l’enlever pour mieux réutiliser après cette force. J’ai beaucoup appris et j’ai encore beaucoup à apprendre.

Les Secrets du Kayak : Quand tu rentres en équipe senior de descente, est-ce que tu fais les championnats du monde et d’Europe ?

Olivier Boukpeti : 2001 ça marche assez bien ,je fais podium en sprint, ma deuxième année en sélection équipe de France… je ne me sélectionne pas. Mais j’ai été pris en remplaçant aux championnats du monde de 2002 en Italie. J’ai fait deuxième à la première manche, mais à la deuxième manche avec le stress je fais septième.

En voyant mes performance, le DTN de l’époque m’a expliqué que je pouvais faire de la course en ligne. Ils cherchaient à recruter car après Bâbak, ça manquait de performance. Dès 2003, j’ai fait de la course en ligne.

J’ai eu mon concours de prof de sport, j’ai été cadre technique en Île de France, donc je me suis entraîné au Pôle France à Vaires, avec Bâbak. Il a été un peu mon parrain et il m’a motivé. Je pense que je n’ai pas assez exploré le relâchement nécessaire pour la course en ligne. J’étais bon sur le 200m mais ce n’était pas discipline olympique.

Les Secrets du Kayak : Tu as été encadré comment à Vaires sur Marne ?

Olivier Boukpeti : Je me retrouve avec les entraîneurs course en ligne de l’époque. C’était Albert Pernet qui s’occupait de nous, l’entraîneur de Bâbak. Bâbak me confiait un peu ses astuces, qui m’ont marquées et qui sont restées. Il y avait aussi Philippe Colin avec qui on a beaucoup partagé, et mon pote Boris avec qui on essayait de progresser ensemble dans cette nouvelle discipline.

Les Secrets du Kayak : Est-ce que tu as rapidement intégré les équipes de France en course en ligne ?

Olivier Boukpeti : Oui et non. En 2003, je venais de l’équipe de France de descente donc j’avais tous les stages interpôles. En 2003, je ne me suis pas sélectionné en équipe de France de course en ligne. Je me suis blessé au dos à la musculation avec des hernies discales. Pas d’opération, pour le médecin ce n’était pas forcément la solution idéale. Le mieux était d’apprendre à prendre soin de son dos. Ça m’a fait m’arrêter quatre mois consécutif.

Les Secrets du Kayak : Ça ne t’a pas démotivé pour continuer, cette sensation que ton corps ne suivait pas ?

Olivier Boukpeti : Si, c’était dur mais je me suis recentré sur moi, j’ai pris du recul, j’ai écouté les conseils, mais avec le recul je n’ai pas assez écouté les conseils. Ça m’a permis de souffler. Mais j’ai eu d’autres blessures, comme des fractures de fatigue aux côtes. En s’entraînant trop.

En 2004, j’avais trop repris à fond. Comme il n’y avait pas eu de quotas français, c’était opération commando pour se donner toutes les chances d’aller aux JO. Donc beaucoup de stages, faire la course à toutes les séances, je faisais tout à fond. Je faisais beaucoup de long, mais à fond.

C’est sur la fin de ma carrière que j’ai appris à travailler en EB1. A l’époque, mon esprit de compétition était poussé à l’extrême. C’était une force mais aussi une faiblesse. La blessure me forçait à m’arrêter. Quand tu cumules intensité et volume, tu te blesses.

En 2004, je fais les championnats d’Europe qui étaient les rattrapages pour les JO, en K4 et on n’est pas passé. C’était un super moment, il y avait un bon état d’esprit, on savait qu’on n’était pas favoris. On a vécu cette expérience avec le sourire, c’était sans prise de tête.

Les Secrets du Kayak : Comment ça se passe pour la suite pour toi ?

Olivier Boukpeti : Ça avait bien démarré en course en ligne donc je poursuis, j’essaie de me sélectionner en K2 500m avec Boris Saunier, mais il passait son concours de prof de sport donc j’ai fait le K2 1000m avec Nicolas Maillote. Il fallait faire dans les cinq premiers en coupe du monde pour être sélectionné. On a gagné en K2 500m avec Boris, Bâbak était censé être devant nous. Et on n’a pas gagné le K2 1000m avec Nicolas. On a fait finaliste aux Europe. Mais avec Philippe Colin et Vincent Lecrubier, on a fait deux devant les allemands. Une belle saison qui s’est finie par une finale aux championnats du monde en K4 un peu décevante. Là tu te dis que tu vas tout déchirer aux JO.

Mais je pense que je n’ai pas assez travaillé le côté relâchement et la pression, dès 2006 je fais de mauvaises sélections. Mais je me suis fait repêcher pour un K4 aux championnats du monde.

Pour l’année des quotas olympiques, je fais de belles sélections, un K2 avec Arnaud Hybois, podium sur 500m, pas trop mal sur le 1000m. On s’entraînait avec Cyrille Carré et Philippe. A la fin de l’année, pas de quotas olympique pour nous.

Pour moi 2008, c’était un peu catastrophique. J’ai été malade tout l’hiver. Un stage au ski de fond j’avais la grippe, j’y vais à fond. J’ai refusé le ski alpin, ce qui était une bêtise avec le recul. Je cherchais à me rassurer à tord. Mais l’objectif c’est d’être près pour le jour J, pas besoin d’être fort tout le temps. Il faut savoir être moins fort pour être plus fort.

Pas de sélection aux JO, mais au final j’y serai allé juste pour y décrocher une finale. J’ai pu aller aux JO à Pékin, mon frère y a participé pour le Togo, il a fait troisième, j’en ai profité comme jamais, je n’aurais pas pu en profiter de la sorte si j’avais fait les JO en course en ligne. Ça été une grosse fête.

Les Secrets du Kayak : Avant les JO, il y aurait eu des choses que tu changerais si tu le pouvais ? Tu été entouré pour te préparer ? Ou bien tu voulais tout maîtriser, ne pas déléguer et être toujours à fond ?

Olivier Boukpeti : Je n’en ai pas parlé mais j’ai eu la chance de me faire suivre par une psy, je stressais énormément et elle m’a beaucoup aidé. Mais elle n’avait pas la vision suffisante du sport pour m’accompagner et m’amener à l’échéance. C’était le travail de l’entraîneur. C’est un travail permanent l’art de se relâcher.

Quand j’observais Bâbak, parfois il avait besoin d’aller moins vite, de prendre le temps. Maintenant avec le recul, je comprends ce qu’il voulait dire. J’ai beaucoup perdu en puissance musculaire, je ne fais pas plus de musculation que cela, je ne veux pas me blesser. J’entretiens mon explosivité sur l’eau, et d’avoir moins de force ça m’aide à me relâcher. Les séances tranquilles sont bénéfiques, mais c’est difficile pour l’ego.

Parfois d’aller doucement, tu vas plus vite que ceux qui y vont à fond, ce qui permet de faire une relance à la fin alors que les autres ne suivent pas. Mais c’est dur de lutter contre les croyances et les habitudes. Utiliser les muscles endurant c’est important, il faut du gainage, solliciter un max ces muscles là. Ce sont des muscles que je ne connectais pas assez.

Les Secrets du Kayak : Comment tu aurais pu faire pour les connecter mieux avec le recul ?

Olivier Boukpeti : Essayer de le ressentir, sentir que le gainage les relie ce qui permet d’utiliser tout le buste et notamment la partie basse qui est infatigable. Alors que ce n’est pas le cas de tes biceps qui sont fait pour faire un mouvement explosif, soulever une charge lourde, pour ensuite s’arrêter. Même si on arrive à optimiser les muscles par l’endurance de force, à un moment donné il faut tout remettre à plat, poser la pelle, sentir qu’on tire léger, engager le buste et tout ce qui s’en suit.

Les Secrets du Kayak : On m’a dit que tu tremblais dans le bateau au début ?

Olivier Boukpeti : Plein d’équipiers me l’ont dit, quand je monte en bateau je tremble, même si je suis détendu. Ce n’est pas du stress, c’est neuro-musculaire. Quand je ne suis pas chaud, en place je tremble. Ça peut aussi me le faire sur des efforts max en musculation, moi ça montait en tremblant. C’était peut être la fibre rapide, un truc neuro-musculaire très intense. Et ensuite ça disparaît.

Les Secrets du Kayak : Est-ce que tu as réussi à être stable à un moment dans le bateau ?

Olivier Boukpeti : Aujourd’hui, je me sens stable. C’est vrai que j’ai commencé à 14 ans ce qui fait que c’est un peu tard. La course en ligne, un peu tard aussi. Maintenant que je suis un peu moins exigeant et que je laisse faire un peu plus le bateau, j’ai l’impression que je suis dans une phase ou je profite de toute mes heures d’entraînement jusqu’alors.

Jusqu’au moment où ça va décliner. Si on ne s’entretient pas, on perd, et c’est hyper dur de regagner tout ce que tu perds, surtout quand on est âgé. Je sais que si je veux garder ma condition, il faut que je navigue dans différentes conditions, mais aujourd’hui j’ai un âge où je ne fais plus de musculation.

Les Secrets du Kayak : Comme tu as eu deux hernies, est-ce que tu fais des choses au jour le jour pour ne pas avoir mal au dos ?

Olivier Boukpeti : Des étirements, notamment sur les jambes. Pendant quatre, cinq ans c’était obligatoire d’aller voir le kiné au moins une fois par semaine. Je savais que si je ne passais pas par ça, mon dos lâcherait. Ils m’ont bien appris l’importance des étirements, et surtout ceux des membres inférieurs.

Les Secrets du Kayak : Quel est ton matériel aujourd’hui pour t’entraîner ?

Olivier Boukpeti : J’ai un Plastex, Midas 2. C’était la période phare de Plastex, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Pourtant j’en ai eu des bateaux, mais je suis trop bien dedans.

En pagaie, je suis dans une expérimentation en ce moment. J’ai décidé d’écouter mes sensations avec une pagaie super épaisse, on m’a pris pour un fou parce que j’ai décidé de faire le marathon avec. Mais j’étais très très bien avec. J’ai un style différent, j’arrive à me relâcher un peu. Ça me permet de prendre le temps pour mon appui. Mais parfois le naturel revient au galop, et je pense que ma cadence va quand même augmenter. J’étais en 2,22 sinon j’étais en medium + en 2,18.

Et musculairement ça ne me crève pas plus, sauf dernièrement sur le 500m, j’ai senti une petite limite. Il faut perpétuellement se remettre en question pour progresser, il faut accepter de déconstruire les séances pour progresser. C’était mon défaut de ne pas savoir le faire.

Les Secrets du Kayak : Est-ce qu’aujourd’hui tu as des objectifs dans le kayak en tant que V2 ?

Olivier Boukpeti : Celui de me faire plaisir en bateau, dans la glisse, justement avec des objectifs techniques. Je me mets des objectifs de technique, de posture. Je me fais plaisir à essayer de progresser là-dessus. Et de me tirer la bourre aussi, avec des juniors ou des seniors. Avant, j’étais trop obnubilé par le chrono. Chaque séance doit être un réel plaisir. On a beau ne pas gagner d’argent dans ce milieu, on gagne beaucoup plus avec la richesse humaine.

Les Secrets du Kayak : Est-ce que tu avais d’autres points à aborder ?

Olivier Boukpeti : J’ai juste pensé à un point. J’ai utilisé pendant longtemps un siège rotatif pour me soulager le dos suite à la hernie. C’est bizarre parce que c’est moins stable au début, mais quand je l’avais, j’étais plus stable parce que j’arrivais à mettre de la rotation sur mon siège en étant déconnecté du bateau.

Le marathon de l’Ardèche, je l’ai fait avec un siège qui tourne, ça me permettait de mettre de la rotation pour naviguer. Pour soulager les vertèbres c’était intéressant, ça m’a aidé et ça m’a appris à mieux sentir les choses. Il faut rester ouvert et ne pas bloquer sur les sensations qu’on a pas envie de perdre parce qu’on se sent bien et qu’on veut rester sur ce qu’on connaît.

Je n’en vois plus trop de ces sièges. Je pense que ça peut aider certaines personnes. Maintenant je suis en fixe depuis plusieurs années et j’y suis bien. Je pense qu’il n’y a pas de vérité, il faut tester. Je pense que le corps a parfois besoin de repasser par autre chose pour mieux revenir ensuite sur ce qu’on faisait.

Je suis dans la mouvance du développement personnel, donc pour moi il faut savoir s’écouter, être dans l’instant présent, un peu de méditation et de respiration. Ce qui aide au relâchement, même si je ne suis pas encore l’exemple du relâchement. Il faut savoir apprécier des choses très très simples.

Dans le kayak, comme dans la vie, il faut avoir des références, mais les sensations sont individuelles, chacun est extraordinaire à sa façon. Et si ça se trouve, autour de nous une personne fait partie des 10% hors norme. Donc pour ta question sur la main supérieure, c’est la hauteur qui te convient qu’il faut choisir. Regardez les repères biomécaniques pour fixer la main de façon à ce que cela vous convienne de manière optimale.

Vous pouvez contacter Olivier Boukpeti sur son compte Facebook.

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