Interview : Sébastien Zimmer

Ceci est une retranscription écrite du podcast enregistré avec Sébastien Zimmer en avril 2022.

Les Secrets du Kayak - Comment vas-tu aujourd’hui ?

Sébastien Zimmer : Salut Rudy, ça va bien merci.

Les Secrets du Kayak : Aujourd’hui c’est un épisode un peu spécial, on va parler d’entraînement neurologique. Avant ça, est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Sébastien Zimmer : J’ai 30 ans, je vis en Suisse à côté de Lausanne, j’ai fait une Licence Master STAPS à Strasbourg. A la base, je viens du monde du football. Une fois arrivé à la Fac, j’ai du faire un choix : soit je continue à jouer au foot soit j’entraîne. J’ai choisi d’entraîner au foot essentiellement des jeunes jusqu’aux senior. A côté de ça, je fais du coaching classique et de la préparation physique individuelle.

Aujourd’hui je travaille plutôt sur la partie neuro de l’entraînement, et je travaille en lien avec d’autres spécialistes dans le domaine de l’entraînement pour permettre un travail plus efficace pour optimiser les performances de l’athlète.

Les Secrets du Kayak : Qu’est-ce que c’est que la neuro ?

Sébastien Zimmer : La neuro agit tout le temps dès lors que tu vas interagir avec ton environnement. Donc c’est comment ton système nerveux fonctionne et comment l’optimiser d’un point de vue de la performance.

Ton cerveau prend une information, il l’interprète, il prend une décision et renvoie dans le corps l’information pour une décision motrice. Ça peut être marcher, courir, sprinter, porter mon téléphone, prendre ma tasse de thé ou de café etc.

Tu vas donc porter une lentille neuro et analyser certaines taches sous un autre aspect.

Les Secrets du Kayak : Mais tout cela ne se fait pas naturellement ? Tout ne fonctionne pas à mesure que tu passes les différentes phases de l’apprentissage ?

Sébastien Zimmer : Normalement si, c’est fait mais pas de manière optimale. Il existe 72 réflexes archaïques qui vont permettre le développement moteur de l’enfant physique, émotionnel et cognitif.

L’enfant va passer ces étapes de développement pour devenir un adulte équilibré. Mais ces étapes ne sont pas toujours bien placées. Le premier système sensoriel à développer c’est l’oreille interne, dans le ventre de sa mère. Si la mère n’a pas suffisamment bougé pendant la grossesse tu nés avec un déficit de l’oreille interne.

Donc tout le reste va se créer sur une base déjà déséquilibrée. Mais les gens ne le savent pas.

Les Secrets du Kayak : Quels sont les conseils à donner à une femme enceinte pour justement ne pas créer de déséquilibre chez son enfant ?

Sébastien Zimmer : Être active, bouger. Il y a des réflexes qui se développent lors de l’accouchement. Si la mère accouche par césarienne certains réflexes ne vont pas maturer par le passage du bébé dans le canal. Tu as beau tout faire, mais tu ne maîtrises pas tout.

Les conseils sont bateaux mais dans notre développement philo-génétique on a plein de choses pour favoriser notre développement, sauf qu’à la base on sait le faire tout seul, et cela est censé se faire naturellement. Il faut savoir qu’il existe une réelle compétition entre parents pour leur enfant.

Les Secrets du Kayak : Qu’est-ce qu’il se passe si on n’apprend pas les choses dans le bon ordre, et qu’on a des manques au niveau de l’intégration de ses réflexes ? Quels seront les problèmes que l’on va rencontrer ?

Sébastien Zimmer : Il y a toujours la triple sphère émotionnelle-cognitive-moteur. Je suis préparateur physique, je ne travaille pas forcément avec des personnes en difficulté émotionnelle cognitive.

J’ai des amis qui ont concentré leur travail sur des personnes qui présentent des déséquilibres cognitifs, des déficits d’attention etc. moi ce qui m’intéresse c’est la composante motrice et comment optimiser les performances. Tu auras des balancements posturaux, des muscles plus faibles, d’autres plus forts.

Le job n°1 pour le cerveau c’est la survie. De l’autre côté tu auras la performance. Mais si tu ne matures pas tes réflexes cognitifs et que tu restes sur des réflexes primitifs, tu restes en mode survie. Et de fait tu ne seras jamais dans la performance maximale.

Les Secrets du Kayak : Comment on peut savoir qu’on est plus en mode survie que en mode performance ? Est-ce que c’est parce que parfois on n’arrive pas à apprendre certains gestes ?

Sébastien Zimmer : L’analyse de l’attache simple peut aider. Par exemple un service en tennis pour deux personnes, l’une y arrive bien, l’autre non. Cette motricité libre va permettre de myeliniser toutes les connexions nerveuses.

Donc je vais demander à mon cerveau d’être maître de mon corps pour faire ce tennis. On cherche donc à développer l’homme, ce qui va permettre d’aller chercher de la performance. Il faut lui donner les capacités de le faire et de la manière la plus optimale possible.

Il y a des tests qui permettront de mesurer l’état du fonctionnement du système nerveux et l’intégration de ses réflexes primitifs.

Les Secrets du Kayak : Est-ce que ça arrive que quelqu’un ait tout bien intégré naturellement ?

Sébastien Zimmer : Personnellement non, il y a toujours moyen d’optimiser. Oui ça se développe chez l’enfant, mais si tu ne l’utilises pas, tu le perds. Tu peux être très bien calibré à 7 ans, mais si tu ne fait rien derrière, tu le perds. Ce n’est pas normal d’être équilibré mais c’est normal dans le sens où presque tout le monde l’est.

Les Secrets du Kayak : Comment as-tu découvert la neuro ?

Sébastien Zimmer : D’abord par la posturologie et ensuite par le côté neuro. Pendant la fac, donc génération réseau sociaux, je vois un post de Vincent Estignard partagé par Didier Reiss. Ce post parlait des réflexes primitifs.

J’ai commencé à suivre Vincent. J’ai suivi un séminaire pour allier la préparation physique et la posturologie. J’y suis allé, ça m’a intéressé, j’ai fait une formation en neuro fonctionnelle, puis une formation en posturologie, et depuis j’ai sans cesse voulu me spécialiser dans ce domaine. Non seulement je suis passionné mais ça donne des résultats.

Les Secrets du Kayak : Donc tu as déjà pu observer que toi même tu avais des déficits et que de toi même en les comblant ça allait beaucoup mieux ? Tu étais plus performant ?

Sébastien Zimmer : Dans la performance l’idée c’est d’être dans le continuum de la performance et s’éloigner du mode survie. Dans le mode survie, la douleur est un mécanisme de protection, que le cerveau crée pour te protéger.

Quand je faisais des séances de squat lourd, pendant deux jours j’étais couché au lit parce que j’avais mal au dos. C’était contre productif par rapport à l’effet souhaité. C’est de là que j’ai testé les principes sur moi, que j’ai vu que je déplaçais les curseurs de survie sur ceux de la performance parce qu’ensuite, je faisais une séance de squat et je n’avais plus mal au dos.

Les Secrets du Kayak : De ce que je me souviens de mes lectures, les capteurs principaux du corps sont les pieds, les yeux, et la mâchoire. Est-ce que c’est toujours ça la posturologie ? Ce sont toujours les mêmes capteurs aujourd’hui ? Il y en a t-il d’autres ?

Sébastien Zimmer : Quand on parle neuro ça veut tout et rien dire. Dans la posturologie classique, il y a trois capteurs principaux qui sont les yeux, les pieds et la mâchoire. Il va y avoir des capteurs secondaires avec les facteurs émotionnels, les réflexes archaïques, les cicatrices, les nitro-galvanismes, et les contraintes articulaires entres-autres.

La posture reste un carrefour entre le mouvement et le statique. L’équilibre parfait n’existe pas. Ce sont des micros moments qui seront plus ou moins négociés. Donc c’est qu’il y a d’autres capteurs qui vont agir. Notamment la proprioception qui est la représentation du corps dans l’espace, et l’oreille interne.

Donc quand on parle de reprogrammation neuro-posturale, ce n’est pas se limiter à quelques capteurs, mais on va mettre tout cela dans un melting-pot de tout ce qu’il y aura comme incidence pour le mouvement et pour la performance avec cette lentille neuro. Le but est d’optimiser la performance.

C’est comme la nutrition, tu ingères quelque chose qui va ensuite utiliser d’autres capteurs, ça en fait de la neuro aussi de manière indirecte. Et si tu t’alimentes mal ce n’est pas bon pour toi, ça va générer plus de mécanismes de protection que de performance. Et ça va s’ajouter à tout ce que tu as déjà, un mauvais sommeil, une mauvaise nutrition, de mauvaises entrées sensorielles, des mauvais traitements, tu seras toujours en mode survie.

C’est pour cela que ne serait-ce qu’améliorer le sommeil ou la nutrition tu peux avoir des réponses positives sur la performance, sur la posture…

Les Secrets du Kayak : Comment les cicatrices peuvent influer sur la réponse motrice ?

Sébastien Zimmer : Je parlais de cicatrices de pathologies. Tu as une coupure, ça crée un défaut de sensibilité. Il y a des courants qui expliquent que la cicatrice peut être pathologique. Malgré tout ce que tu peux faire pour récupérer, tu ne récupères jamais la sensibilité autour de la cicatrice. Il y aura toujours certains déséquilibres à cet endroit.

Moi pour la mienne, j’ai tout tenté. Ce n’est pas grave, je continue de travailler ce que je sais faire dessus et à côté de ça j’essaye d’optimiser tout les autres trucs à côté. Ça peut compenser jusqu’à certains points.

Les Secrets du Kayak : On a travaillé ensemble pendant un an. On avait travaillé ensemble de la proprioception, afin de déterminer quels étaient les capteurs les plus importants pour aller vers la performance.

Sébastien Zimmer : On avait utilisé avec l’homonculus sensoriel et moteur. Dans notre cerveau chaque partie de notre corps est représenté d’une certaine manière. Toutes les parties ne le sont pas de la même manière.

Souvent ce qui se passe au niveau des mouvements se passe au niveau des carrefours moteurs, comme par exemple entre une épaule et une main. Si ta main est moins bien répertoriée, tu vas faire des mouvements un peu moins précis, et tu ne pourras pas faire tout ce que tu veux car pas suffisamment sécuritaire pour moi.

Exemple le squat, tu as un pied moins bien cartographié que l’autre. Donc tu vas faire un squat jusqu’à une certaine charge, tu descends, mais sur un pied tu es en sécurité, et sur l’autre tu es en survie. Dont tu vas te mettre là où tu sais que tu es en sécurité, et donc tu vas pouvoir pousser.

On blasphème le shift de bassin, mais c’est juste une réponse adéquate à une problématique de l’instant T pour pouvoir réaliser la tâche qu’on vient de lui demander de faire. Mais à la base c’est parce que le pied gauche est comme un trou noir pour ton cerveau.

Les Secrets du Kayak : Qu’est-ce que tu remarques le plus souvent comme déficit sensoriel ? Moi c’est plutôt les pieds !

Sébastien Zimmer : Les pieds c’est un truc de fou. Tu as l’impression que pour certaines personnes la jambe s’arrête au niveau de la cheville, qu’il n’y a pas de pied. Le pied c’est le seul contact physique que tu as avec l’environnement. Si ton pied est mal représenté, tu seras sans cesse dans un système menaçant pour toi. Donc toutes tes chaînes ascendantes sont instables donc dangereuses.

Les cervicales aussi. Faire juste des glissements latéraux de gauche à droite, il n’y a plus personne. C’est tellement dure mais tellement important pour garder le regard droit sur l’horizon. C’est le carrefour visuel avec le cerveau et la proprioception cervicale et le système vestibulaire.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que tout ce qui se passe au dessus des cervicales est important parce que ça retient le cerveau. Ça un gros impact dans la représentation et le mouvement. Il faut obliger à bouger et forcer certaines mobilisations et mouvements.

C’est comme pour le dos, pour être le plus adaptatif possible il faut pouvoir bouger son dos, c’est ce qui sera sécuritaire. A force d’avoir peur de bouger certaines articulations, tu les rends plus fragiles.

Les Secrets du Kayak : De ce que je comprends tu parles d’une méthode de développement de la mobilité, comme on en parlait dans l’épisode 65 avec Alex. Avec la neuro, ça s’inscrit avant le travail de mobilité. C’est parfois en travaillant sur le signal d’entrée que tu débloques de nouvelles amplitudes, bloquées par des déséquilibres de récepteurs sensoriels.

Sébastien Zimmer : Tu as très bien résumé. Une articulation peut se retrouver non pas limitée par l’articulation mais peut être par l’oreille interne. Si on ne travaille pas sur l’origine du blocage, le blocage peut revenir à un certain moment.

Travaille d’abord sur le blocage puis sur l’articulation qui se retrouvait bloquée pour la rendre plus forte, plus stable dans ces amplitudes là. C’est pour cela qu’il peut y avoir des dérives en neuro avec les gains de mobilité. Tu vas faire des tests mécaniques, une simulation de l’oreille interne ou des tests visuels, c’est bien mais si tu n’en fais rien derrière ça ne sert à rien. On a montré à ton cerveau que tu es capable de, mais une fois que tu es capable de, à toi de l’entraîner.

La question c’est : à quoi la neuro va m’être utile pour la suite et le réel objectif ?

Les Secrets du Kayak : Tu as beaucoup parlé de l’oreille interne, mais existe-t -il d’autres structures importantes sur lesquelles on va travailler en neuro pour débloquer du mouvement ?

Sébastien Zimmer : On travaille sur tous les récepteurs, et beaucoup sur deux autres. On vient pour activer le cerveau. Le cerveau va se nourrir de la respiration et du glucose. Tu as beau faire tous les exercices d’activation au monde, si tu ne respires pas bien et que tu n’as pas suffisamment de glucose, ton cerveau ne pourra jamais bien fonctionner.

Certains auteurs parlent de l’impact du système visuel jusqu’à 70%, le système vestibulaire jusqu’à 20-30% et le système proprioceptif 10%. Mais pour moi si l’un des systèmes est défaillant les autres vont vouloir compenser cela et s’adapter, et les autres vont devenir mauvais. Pour moi tous les systèmes sont importants.

Les Secrets du Kayak : Tu parles du système visuel, est-ce que ça veut dire que si je suis myope avec des lunettes, je pars avec un handicap ?

Sébastien Zimmer : Dans le système visuel, c’est complexe. Avant de faire un examen, il est conseillé d’avoir vu un médecin ou un orthoptiste qui peut te conseiller, de sorte à ne pas faire de choses erronées et contre productives.

L’ophtalmo va vérifier l’acuité visuelle, c’est bien mais ce n’est pas assez. L’orthoptiste va regarder comment fonctionne les muscles oculaires. Donc travailler sur le système visuel, c’est travailler sur toute la composante de l’œil. Soit tu travailles sur tous les aspects, soit tu comprends ce dont a besoin le cerveau et tu travailles dessus. Les deux sont justes, c’est l’approche qui va être différente. L’idée c’est de trouver le maillon faible et de remonter la chaîne pour les travailler un à un.

Les Secrets du Kayak : Donc ce n’est pas parce que je vois mal, que je ne peux pas entraîner mes muscles oculaires pour avoir un meilleur système visuel et me rapprocher du curseur de la performance.

Sébastien Zimmer : Il y a beaucoup de fonctions de l’œil, l’acuité visuelle n’en est qu’une. Ce n’est pas parce que tu es myope ou hypermétrope que tu ne peux pas travailler, au contraire. Travailler sur les muscles oculaires peut avoir une incidence sur l’acuité visuelle.

Les Secrets du Kayak : Tu parlais de neuroplasticité. Est-ce qu’on peut travailler sur les entrées d’informations pour avoir une meilleure réponse, à tout âge ? Ou bien est-ce qu’il y a un moment où c’est trop tard ?

Sébastien Zimmer : Dans la neuroplasticité, il y a l’âge mais aussi dix critères : la fréquence, l’intensité, le volume etc. il y a un impact de l’âge mais jusqu’à un certain point. C’est toujours plus facile quand tu es jeune, mais ce n’est pas parce que tu as 77 ans que tu ne peux pas travailler.

Les Secrets du Kayak : Comment se placent les réflexes archaïques dans ces intégrations ? Est-ce qu’il faut les travailler en amont ?

Sébastien Zimmer : Ça se fait en même temps. Quand on dit qu’on travaille en neuro, on va chercher à isoler les parties. Ça va générer une interaction de plusieurs systèmes en même temps. Un réflexe peut s’installer un peu avant et ça peut biaiser beaucoup de choses. Ça permet de mettre en lumière certaines choses, mais tu vas les travailler en même temps parce qu’on ne peut pas différencier.

Les Secrets du Kayak : Est-ce qu’on arrive toujours à intégrer un réflexe ou bien c’est comme les cicatrices, parfois on n’y arrive pas, ça bloque ?

Sébastien Zimmer : En théorie oui, mais je connais des personnes pour qui c’est plus compliqué, ça dépend aussi du contexte du réflexe. Il y a ton environnement qui va entretenir ton réflexe. On le constate beaucoup au niveau des pieds où tu peux passer parfois 15h par jour dans des chaussures trop petites, tu vas prendre de mauvaises habitudes. Et ce n’est pas de l’exercice pendant 20 minutes contre 15 heures qui changeront la donne.

Les Secrets du Kayak : Quelles chaussures tu conseilles, pour ne pas contrecarrer tous ces efforts ?

Sébastien Zimmer : On pourrait privilégier les chaussures minimalistes, pieds-nus, jusqu’à un certain point. Mais parfois elles peuvent être menaçantes pour la personne. Un des moyens de corriger la posture, c’est la semelle posturale. Mais il te faudra une chaussure « rigide ». Ça dépendra de la personne. Il faut mieux privilégier le pieds-nus. C’est compliqué de définir la chaussure, ça dépend de la personne.

Les Secrets du Kayak : Quand tu parles de semelles posturales, c’est quoi ?

Sébastien Zimmer : Les semelles posturales se différencient des semelles types orthopédiques qui vont jouer sur les leviers osseux, on va mettre des talonnettes. Les semelles posturales sont plates, avec un relief uniforme partout sur la semelle. Les deux peuvent être bonnes.

Les Secrets du Kayak : En fait, il y a beaucoup de choses à faire. Combien de temps ça prend par jour en moyenne pour corriger ses déséquilibres, et pendant combien de temps doit se faire le travail ?

Sébastien Zimmer : On va prendre l’exemple d’un néophyte qui va vouloir faire une compétition de bodybuilding, combien de temps ça me prend et qu’est-ce que je dois faire ?

Il y a la partie cardio, nutrition, musculaire, tes points forts, tes points faibles, la morpho anatomie… mais c’est toi le coach qui va prioriser le plus important à travailler.

J’aime donner cinq exercices, cinq minutes, cinq fois par jour. C’est juste une mentalité, de la régularité, et une discipline à avoir. Et il faut trouver le bon exercice pour la personne. C’est la répétition et la fréquence qui va jouer dans la neuro.

Les Secrets du Kayak : Combien de temps ça prend tout ce travail ?

Sébastien Zimmer : Le but c’est de normaliser, mais il y a deux approches. La question est de connaître son objectif. Dans la vie de tous les jours tout travaille ensemble. Comment être capable d’intégrer toutes ces informations en même temps ? Est-ce que tu cherches à être normal, ou à optimiser ? Pour arriver à une certaine norme, ça peut se faire en un an.

A côté de ça tu peux travailler sur l’optimisation de la performance à travers des exercices spécifiques, à travers la séance ou la discipline. En kayak, c’est la stabilisation de l’oreille interne qui va être recherchée, sinon on finit à l’eau. On peut faire des programmes sur mesure inhérent à la performance.

Le but de la neuro est de permettre la stabilité réflective qui va permettre le mouvement. Tu vas chercher en kayak à te stabiliser, ce qui te permettra de faire les mouvements que tu veux.

Les Secrets du Kayak : Est-ce qu’à un moment on arrive à une stagnation ?

Sébastien Zimmer : Au début, la personne déficitaire au niveau neuro va très vite progresser jusqu’à un certain degré. Ensuite ça devient plus difficile de trouver le bon exercice qui va matcher pour la personne. Mais ça fait partie de l’expertise.

Les Secrets du Kayak : Ça veut dire que le travail peut se faire à vie ?

Sébastien Zimmer : Ce n’est pas sans fin, mais il y a de l’entretien. La continuité, la régularité, et faire les mouvements naturels de MovNat c’est là que tu exploites les articulations et tous les mouvements ou les systèmes qui travaillent en même temps. Ça irait dans la continuité.

Les Secrets du Kayak : J’ai l’impression qu’on découvre sans cesse de nouvelles choses sur la neuro ? Aujourd’hui comment tu fais pour progresser de ce côté là ?

Sébastien Zimmer : Oui on en apprend tous les jours. A la base la neuro se fait sur une population de malades, type Alzheimer. Ce côté lié à la performance est très nouveau. Donc les critères de normalité ne sont pas les mêmes.

Nous on ne va pas regarder la pathologie, on va chercher l’optimisation. Il y a peu de littérature à ce sujet. Mais l’avantage c’est qu’on se forme continuellement là-dedans. On comprend comment fonctionne le cerveau et on l’applique pour la performance. On prendra le même papier de critère, mais on n’aura pas la même lecture.

Les Secrets du Kayak : Quel pourcentage de gain peut-on espérer en travaillant ce côté neuro ? Combien de secondes puis-je gagner en kayak ?

Sébastien Zimmer : Ça dépend de la personne. On a testé et jusqu’à un certain point on peut espérer un gain de 5-10% sur un niveau élite ça se prend direct, même 2 %. La neuro est là pour optimiser le développement de la capacité physique, non pas remplacer la préparation physique. Ça permet d’avoir moins de fuite d’énergie.

Les Secrets du Kayak : Est-ce que ça veut dire qu’on y gagne plus sur des sports explosifs que endurants ?

Sébastien Zimmer : Un des premiers tests qu’on fait c’est la marche, car c’est une activité contrôlée et automatique. C’est une succession de chutes contrôlées. Si tu ne recrutes pas les bons muscles, ça te crée des fuites d’énergie. Donc à un moment donné tu vas être moins efficace. Ça fait tellement sens également pour l’endurance.

Les Secrets du Kayak : Comment ça se passe si on veut travailler ce côté neuro ?

Sébastien Zimmer : Si des personnes veulent se former, tout le monde peut avoir un impact dans ce qu’on a évoqué. C’est là où c’est un peu compliqué.

Nous on a créée une formation labo, on y réfère nos élèves pour faire des bilans. Aujourd’hui on a presque 200 élèves, un peu partout en France, au Luxembourg, en Belgique et en Suisse. On l’a appelé Formation.labo-rnp.com

On communique sur les réseaux. On a une grande communauté francophone.

Les Secrets du Kayak : Est-ce qu’il y a des livres qui tu conseillerais en plus de la formation ?

Sébastien Zimmer : Oui. Les livres sur les réflexes comme Ressource primordiales. Le Grand livres des réflexes. Le Manuel pour bouger. il y en a d’autres en anglais, en allemand aussi. Tu prends un livre de neuro c’est indigeste, mais c’est ce que tu vas en faire et comment tu l’appliques qui va jouer.

Moi mes conseils sont à destination d’un athlète, il faut se dire que la neuro c’est pour optimiser ce qu’il fait déjà. Il faut avoir un but derrière. Comment adapter les principes dans son entraînement. A quoi ça va servir ?

Il faut l’appliquer dans son programme d’entraînement, ce sont des principes d’entraînement. Mais on peut aller tellement plus loin.

Ça ne fait pas tout.

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