Interview : Nathalie Marie

Ceci est une retranscription écrite du podcast enregistré avec Nathalie Marie en février 2022.

Les Secrets du Kayak - Comment vas-tu aujourd’hui ?

Nathalie Marie : Bonjour, ça va très bien merci.

Les Secrets du Kayak : Tu travailles en tant que kiné c’est bien ça ?

Nathalie Marie : Oui, je suis kiné au Pays-Basque et kiné de l’équipe nationale. Mais avant ça, j’étais l’une des kinés de l’équipe de France de kayak. Maintenant, je travaille avec la fédération de triathlon.

Les Secrets du Kayak : Je voulais revenir sur ta carrière, comment as-tu commencé le kayak ?

Nathalie Marie : J’ai commencé à l’âge de 14 ans à la suite de ma fin de carrière de sport étude en gymnastique. J’ai arrêté suite à des blessures. Du jour au lendemain pendant trois mois à la suite de ça, je n’ai rien fait en terme de sport.

Puis je me suis tourné vers de l’athlétisme et comme ma sœur faisait du canoë-kayak, j’ai essayé. Je n’ai pas de suite accroché mais petit à petit, j’y ai pris goût.

Les Secrets du Kayak : Tu avais fait beaucoup de gym, est-ce que tenir dans le bateau au début t’a semblé être facile ?

Nathalie Marie : Il a fallu quelques temps pour être stable. Pour la coordination ça allait, et ma sœur m’emmenait en équipage donc j’ai vite progressé. J’avais déjà un bagage en musculation. En revanche, pour l’endurance, ça a été très très dur.

Les Secrets du Kayak : Est-ce que ce manque d’endurance, t’a suivi toute ta carrière ? Ou bien as-tu réussi à le développer par la suite ?

Nathalie Marie : J’ai réussi à le développer, même si pendant les années senior en équipe de France, j’étais persuadée d’en manquer. Mais les coachs m’ont démontré que je validais cette partie. Pour moi, ça reste mon point faible. Le sprint reste ma qualité.

Pour travailler cette endurance je me suis concentrée sur le bateau mais aussi sur le ski de fond, le VTT, la course à pied et la natation.

Les stages de ski de fond te permettent d’avoir ensuite sur le kayak de très très bonnes sensations d’endurance et de gainage.

Les Secrets du Kayak : Tu as commencé assez tard le kayak. Est-ce que tu as éprouvé des difficultés à progresser ?

Nathalie Marie : Au début, je ne m’en souviens pas. C’est allé assez vite, on a vite fait des médailles en équipage. Jusqu’à mes années senior, j’ai progressé. C’est sur ma fin de carrière que j’ai eu du mal à progresser. Je stagnais, donc je régressais quelque part.

Les Secrets du Kayak : Qu’est-ce qui t’a manqué pour progresser en fin de carrière ?

Nathalie Marie : J’avais mis beaucoup l’accent sur la préparation physique. Ce qui m’a aidé. La première chose à laquelle je pense c’était l’entourage, le coaching et l’ambiance au sein de l’équipe de France. Ça m’a freiné plutôt que de me motiver.

J’ai créé mon propre entourage positif à cette époque, jusqu’en 2008. Mais après c’était important de rester dans l’émulation de l’équipe de France, et de s’entraîner avec les meilleures féminines et les coachs nationaux.

Les Secrets du Kayak : Est-ce que tu peux m’expliquer ce que l’équipage t’a apporté pour progresser en individuel ?

Nathalie Marie : Sur mes débuts, c’est le principe d’avoir comme un coach intégré dans le bateau qui peut nous donner des conseils techniques. Des conseils sur les gîtes, les appuis du bassin dans l’eau. Réussir à se concentrer sur les autres en étant coordonné pour reproduire le même geste au même moment.

Les Secrets du Kayak : J’ai l’impression que de faire de l’équipage, ça te force à sortir de ta zone de confort dans la maîtrise de ton bateau par rapport à ta pratique individuelle ?

Nathalie Marie : Je ne le vois pas comme ça. Faire un équipage c’est essayer de créer une symbiose avec le partenaire. C’est se concentrer sur ce qu’il se passe, se focaliser pour créer cette symbiose.

Les Secrets du Kayak : Mais en fin de compte, imaginons en cas de gîte inverse, qui contrôle le bateau ?

Nathalie Marie : C’est le bateau qui se contrôle lui même et ensuite ce sont les personnes qui sont dedans qui vont agir. On a tous tendance au départ à vouloir contrôler la gîte qui va à l’opposer de ce que l’on veut faire.

Au fur et à mesure, on apprend à se laisser aller pour éviter de contrôler cette gîte, qui peut en plus emmener des tensions musculaires si on est tout le temps en train de lutter.

Il faut savoir se laisser aller sauf si on voit que ça ne va pas aller. Et c’est là où il faudra travailler sa posture et faire de la proprioception. Discuter, essayer de bien ressentir son partenaire.

Les Secrets du Kayak : En individuel, tu avais commencé à faire de belle places ?

Nathalie Marie : En étant jeune oui. Lors de ma deuxième année senior, j’ai fait deuxième en championnat de France élite derrière Céline Clusaz à l’époque. Ensuite en 2002, j’ai gagné les sélections en équipe de France en 500m et 1000m.

C’est en 2004 que j’ai gagné les sélections en équipe de France en individuel et en équipage. La suite de ma carrière s’est déroulée en K1, je voulais faire les JO d’Athènes en K1. Après, je suis restée en K1 jusqu’à la fin.

Les Secrets du Kayak : Est-ce que quand tu as commencé le kayak, tu t’imaginais aller aux Jeux ? Est-ce que c’était un objectif pour toi ?

Nathalie Marie : Oui c’était un objectif pour moi. Ça l’était déjà en tant que gymnaste. J’étais très compétitrice plus jeune. Je voulais faire les JO, j’y pensais à chaque entraînement.

Quand j’ai arrêté ma carrière en 2008, juste après, le 200m est arrivé aux Jeux et du coup j’ai hésité longuement à reprendre. Mais ça aurait été compliqué à gérer. C’était le bon moment pour arrêter.

Les Secrets du Kayak : Est-ce le fait d’avoir fait Athènes qui t’a retiré cet objectif de la tête ?

Nathalie Marie : Non, ça m’a poussé à continuer et d’aller sur Pékin. Mais du coup, je n’y suis pas allée.

Les Secrets du Kayak : Comment c’était à Athènes ? Est-ce que c’était comme tu te l’imaginais ? Était-ce un rêve éveillé ?

Nathalie Marie : Athènes ne s’est pas passé comme je le voulais puisque j’ai eu le décès de mon papa 15 jours avant les JO. J’ai des souvenirs flous des Jeux. J’ai été très soutenue notamment par Didier Hoyer et les athlètes présents. C’était difficile là bas.

Par la suite je me suis blessée, j’ai fait une année blanche. J’ai ramé pour reprendre et j’ai retrouvé mon niveau. Ensuite je ne progressais plus voir je régressais. Ça n’est pas passé aux sélections françaises. C’était la fin de ma carrière.

J’ai eu une blessure au dos. On a jamais trop su si c’était une entorse du dos. J’ai du porter un corset pendant plus d’un mois.

Les Secrets du Kayak : Dès le début, tu voulais devenir kiné ?

Nathalie Marie : J’hésitais entre kiné et metteur en scène dans le milieu du cinéma. C’est en sport étude que je me suis décidée à devenir kiné.

Mon rêve s’était dissipé puisque j’avais dû redoubler ma première S pour aller en première littéraire. Je pensais que je ne pourrais plus être kiné. Mais j’ai obtenu l’entrée en école de kiné grâce au statut de sportive de haut niveau.

Les Secrets du Kayak : Quand tu t’arrêtes en 2008, tu savais que tu allais te lancer en tant que kiné ?

Nathalie Marie : J’étais en étude dans ma dernière année d’école de kiné. J'étais en troisième année donc je savais un peu à quoi m’attendre. J’avais fait pas mal de stages.

Les Secrets du Kayak : Quand tu as arrêté ta carrière, tu as arrêté le bateau ou bien tu as encore continué de monter un peu dedans ?

Nathalie Marie : J’ai complètement laissé tomber le bateau dès les premiers mois, j’ai laissé tomber tous les sports. J’étais en quelque sorte en surmenage, j’ai eu besoin de tout couper.

Même courir ou faire du vélo, j’étais épuisée rien que d’y penser. Progressivement, j’ai repris en association d’abord par du badminton, et ensuite un peu tous les sports.

Le kayak, je n’ai jamais remis les fesses dedans sauf pendant les stages équipe de France quand j’étais kiné pour eux. Maintenant je me fais plaisir en Ocean sur un surfski. Surtout en sauvetage côtier.

Les Secrets du Kayak : Tu as fait des compétitions en sauvetage côtier ?

Nathalie Marie : Oui, au début j’étais à fond. J’ai participé aux championnats de France, aux championnats du Monde master, et aux championnat du monde Open.

Les Secrets du Kayak : Quelle différence tu sens entre un surfski classique et un bateau de livesaving ?

Nathalie Marie : Je n’ai pas fait beaucoup d’Ocean Racing. Je ne peux pas réellement comparer par rapport au kayak qu’on utilise en sauvetage. En Ocean Racing, il est plus léger ça glisse mieux. Le bateau de sauvetage est fait pour passer la barre et passer la vague du retour.

Aujourd’hui je pratique toujours le Livesaving. Je viens d’être maman il y a huit mois donc j’ai bien ralenti, je pratique en loisir dans un club où il y a l’esprit de compétition et une bonne émulation positive, je me fais plaisir.

Le sauvetage côtier se développe beaucoup sur la côte Atlantique.

Les Secrets du Kayak : Est-ce que tu saurais m’indiquer quel est le meilleur kayak de Lifesaving ?

Nathalie Marie : J’aurais tendance à répondre le Dolphin, celui que j’avais de Flora Manciet, une des meilleures française en sauvetage côtier. C’était un petit bijou pour moi. Sinon surtout les Fenn.

Les Secrets du Kayak : Etait-ce pour toi un objectif de devenir kiné de l’équipe de France de kayak ?

Nathalie Marie : Pas du tout. Au début, je voulais travailler en centre faire de la neurologie ou de la pédiatrie. Mais j’ai été contacté par Florian Rousseau. C’est de là que j’ai travaillé d’abord avec les équipes nationales de vélo et de fil en aiguille j’ai retrouvé le kayak avec l’équipe de France.

Les Secrets du Kayak : C’est quoi le rôle d’un kiné en équipe de France de kayak ?

Nathalie Marie : Dans un premier temps, de prendre en charge les blessures du sportif et tout ce qui est prévention. Mettre en place des ateliers gainage et de l’aide à la performance. Avec Claudine Leroux, j’ai pu commencer à mettre en place du Yoga et du Pilate pour aider à la performance.

Les Secrets du Kayak : Quelles sont les douleurs ou blessures que tu as pu rencontrer le plus en équipe de France ?

Nathalie Marie : Souvent des tendinopathies aux épaules, des tensions cervicales et lombaires.

Les Secrets du Kayak : Je t’ai connu par les vidéos YouTube de circuits gainage et autres. J’avais pas mal de questions sur le sujet. J’ai l’impression qu’il y a un débat sur son utilité. Est-ce que l’entraînement en dehors du bateau (gainage et proprioception), de ton expérience, aide à la performance en bateau ?

Nathalie Marie : J’aurai tendance à te répondre qu’il faut demander aux athlètes, quelles sont leurs sensations ? Pour moi, ça me semble essentiel et à n’importe quel niveau dans un cadre de prévention des blessures.

A haut niveau, il faut énormément de volume en bateau et donc intégrer en parallèle une autre activité me semble important. En tant que débutant, c’est important de découvrir son corps en dehors du kayak, pour sentir les sensations et les reproduire ou pas, dans le kayak.

C’est censé renseigner les capteurs que l’on a dans les articulations, qui vont de ce fait être éveillés et qui vont nous aider par la suite.

Quand on travaille le gainage, on travaille la posture. L'intérêt étant d’avoir une bonne balance posturale entre crédit-débit des postures. La position du kayakiste n’est pas naturelle, elle peut abîmer tout le rachis, ça peut donc contre balancer les mauvaises postures. C’est important peu importe le niveau de l’athlète.

Les Secrets du Kayak : En général, les gens fond du gainage statique sur des surfaces stables. Toi tu leur fais faire beaucoup de gainage en situation instable grâce à la swissball, des TRX. Quelles sont pour toi les différentes formes de gainage, y a t-il une suite logique de progression à avoir ? Doit-on sans relâche chercher l’instabilité dans ces exercices ?

Nathalie Marie : Non, il n’y a pas d’intérêt à chercher plus d’instabilité. Ça va dépendre du sportif. La suite logique serait de commencer par une phase statique ou ensuite aller vers des phases dynamiques, ou inversement.

Ma vision du gainage, c’est le gainage en mouvement qui va se rapprocher de l’activité physique. Ou se rapprocher d’une balance d’équilibre de posture.

Au sujet de la planche en statique, ça m’irrite si on veut que le gainage soit efficace pour une activité physique en mouvement, on est obligé d’aller chercher des fibres musculaires qui travaillent dans le mouvement.

Le gainage c’est bien plus que faire la planche. Il faut aller chercher du mouvement et des répétitions courtes.

Les Secrets du Kayak : Dans le kayak, on voit beaucoup d’exercices faits à genoux sur swissball. Il y a une raison ?

Nathalie Marie : La position assise est celle du kayakiste. Donc on va recréer la même posture si on s’assoie et donc les mêmes tensions. Le fait de se mettre à genoux ça permet de travailler d’autres chaînes musculaires.

Rester assis longtemps, ça crée de fortes tensions dans les fléchisseurs de hanches. C’est presque mieux d’avoir un appuis stable sur un mur. Je ne suis pas une fan de la position assise sur la swissball pendant longtemps. Mais ça reste un exercice excellent pour un débutant ou quelqu’un qui revient d’une blessure.

Les Secrets du Kayak : Le Kayak c’est créer de la force dans un milieu instable. Pourtant, la plupart des exercices de musculation fait en PPG pour le kayak sont sur des surfaces stables. Je trouve cela paradoxale. Est-ce qu’essayer de prendre de la force sur des situations instables n’aiderait pas davantage à la performance ?

Nathalie Marie : Je pense que c’est important de ne pas toujours chercher l’instabilité. A haut niveau, les kayakistes sont stables sur leur bateau. Donc en terme de développement de force, je pense que c’est important d’augmenter la force sur des surfaces stables. Je ne suis pas sûre que sur des surfaces instables ce soit bénéfique.

Ça se fait déjà en pôle espoir et national. Pour aller chercher l’augmentation de force, c’est important d’être en sécurité sur une surface stable.

Les Secrets du Kayak : Tu parlais de Pilate et Yoga, est-ce que tu peux expliquer la différence entre les deux ?

Nathalie Marie : Le Pilate c’est davantage du renforcement musculaire avec des postures précises et un alignement du corps. Pour aller recruter les muscles profonds. C’est un équilibre par rapport à la position de tous les jours. On travaille des muscles posturaux qu’on ne travaille pas dans la journée.

Le Yoga, il y a plusieurs façon de le voir. Pour un sportif c’est plutôt un gain ou un maintien de mobilité et d’amplitude articulaire. Ce qui va engendrer de la mobilité dans les tissus musculaires mais autres.

Pour moi, le corps c’est un grand fascia, et quand on est longtemps dans la même posture, nos fascias viennent s’enrouler dans notre posture, ce qui crée des tensions et des raccourcissements à certains endroits.

Le fait de pratiquer le Yoga, on va venir libérer ces fascias. On peut les libérer si on pratique le yoga avec un souffle. Il faut prendre conscience de son souffle qui va venir travailler un muscle oublié pour la plupart qui est le diaphragme. Il a énormément d’importance dans le corps. Il peut créer des tensions musculaires, mais avoir un diaphragme bien relâché permet une meilleure récupération des tissus.

Les Secrets du Kayak : Je constate plusieurs types de yoga. Est-ce qu’il y a des postures à privilégier, une pratique de yoga à préférer ?

Nathalie Marie : C’est le Yoga qui s’adapte à la personne. Il y a un type de yoga qui ne va pas correspondre à certains athlètes, et il va y avoir un yoga qui va mieux s’intégrer à une activité physique plutôt qu’à une autre.

Il y a le Yin Yoga qui est très doux, il permet vraiment de prendre conscience de son souffle, de se poser et de prendre le temps d’écouter ses tissus. Il est très intéressant pour les sportifs.

Après il y a l’Ashtanga Yoga qui lui est dynamique, on enchaîne toujours la même succession de mouvements, tous les jours. Il permet de se centrer sur soi, d’être à l’écoute. On se rend compte que tous les jours notre corps est différent. A force de répéter les postures, on se rend compte que le corps change de jours en jours.

C’est à chaque personne de trouver le yoga qui lui convient. C’est aussi bien d’avoir un thérapeute pour guider vers le type de yoga, ou de faire uniquement des postures de type de yoga qui peuvent correspondre à la personne.

Les Secrets du Kayak : Comment on commence le yoga sans personne autour de soi ?

Nathalie Marie : C’est bien de tester, il ne faut pas avoir peur. Souvent les personnes trouvent d’elles-même les bonnes postures. Moi j’aime recommander les vidéos de Travis Eliot sur YouTube. J’ai également fait quelques vidéos sur le site Athletic Coaching 64.

Les Secrets du Kayak : J’ai l’impression que le Pilate fait partie des séances gainage et de proprioception. Le yoga se ferait plutôt à part et pas sur les mêmes exercices.

Nathalie Marie : Les vrais séances de Yoga doivent amener quelque chose de différent du Pilate. En Pilate, le souffle se coordonne au mouvement. Le Yoga fait vivre son souffle et c’est le mouvement qui va se poser sur le souffle.

Donc une vraie séance de yoga se fait à part du Pilate. On peut allier les deux, l’essentiel c’est de bouger son corps. Pour les débutants je précise ce qui est Pilate et Yoga au moment de le pratiquer.

Les Secrets du Kayak : Aujourd’hui, tu as ouvert une petite salle ?

Nathalie Marie : J’ai le cabinet de kiné sur Anglet orienté kiné du sport. On est trois kinés et une sophrologue. A côté de ça, on a ouvert une salle de coaching, de sport et mouvement.

Mon partenaire est coach sportif et propose des entraînements, il est lui même triathlète. Moi je propose un cours de Pilate débutant et un cours yoga pour le sportif. Il y a aussi d’autres intervenants.

Le but étant de réunir différents intervenants autour du mouvement. Il faut bouger qualitativement et créer des équilibres tout au long de la journée, modifier les contraintes pour éviter les blessures.

Les Secrets du Kayak : On voit beaucoup de personnes qui précisent ne plus s’asseoir sur des chaises fixes mais sur des swissball en travaillant sur un ordinateur ou derrière un bureau. Tu précisais que ce n’était pas l’idéal pour un kayakiste, mais pour un sédentaire est-ce intéressant ?

Nathalie Marie : Changer de surface est intéressant mais le premier conseil que je donnerais, c’est de revoir la position assise. Il y a une différence entre quelqu’un d’avachi et quelqu’un de gainé dans sa position. Il faut réussir à maintenir une position assise gainée grâce au sport que l’on peut faire à côté. Ne serait-ce que de marcher permet de changer les contraintes.

Les Secrets du Kayak : Il y a un courant de pensée qui tend à dire que ça n’a pas d’intérêts de faire des exercices de crunch ou d’enroulement de bassin. Pour toi un kayakiste a t-il un intérêt de faire ce type d’exercices pour performer dans la pratique du kayak ?

Nathalie Marie : L’essentiel c’est l’activation des muscles posturaux profonds. Notamment le transverse. Pour des kayakistes qui ont commencé tôt ça arrive que les muscles profonds soient sous développés. Donc oui pour moi c’est important d’arrêter les crunchs pour faire des abdominaux profonds en Pilate.

La ligne d’arrivée c’est de savoir solliciter les deux. Je n’y vois pas trop de contre indications non plus.

Les Secrets du Kayak : Qu’est-ce que tu changerais au niveau de ta carrière sportive pour mieux performer ?

Nathalie Marie : Je ne changerais pas forcément des choses. Mes regrets m’ont permis de me questionner et d’être celle que je suis aujourd’hui.

Je ne suis pas certaine de monter à la capitale si c’était à refaire. Ce n’est pas un regret que d’être allée à l’INSEP mais j’avais essentiellement besoin de me retrouver dans la nature, j’aurais pu aller sur Rennes ou Toulouse.

J’aurais commencé la préparation sportive spécifique plus tôt et j’aurais fait du yoga. En tant que kayakiste, je suis devenue raide.

Les Secrets du Kayak : Qu'est-ce qui fait que tu as arrêté d’être kiné de l’équipe de France de kayak ?

Nathalie Marie : Je me suis blessée avant de partir en compétition avec l’équipe de France pour une coupe du monde. Je ne pouvais plus marcher avant d’aller à un stage à Séville.

De fil en aiguille j’ai arrêté et j’avais envie de passer à autre chose. J’ai été contacté par le DTN de la fédération de triathlon, j’avais envie de découvrir cette fédération. J’apprends beaucoup avec eux, je suis très contente.

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