Interview : Yves Prigent
Ceci est une retranscription écrite du podcast enregistré avec Yves Prigent en aout 2021.
Les Secrets du Kayak - Comment vas-tu aujourd’hui ?
Yves Prigent : Ça va très bien, je suis en vacances après une année en tant que prof et une saison sportive plutôt intéressante puisque je finis quatrième des France élite, ma meilleure performance.
Mon double objectif de vie me rend satisfait de cette saison.
Il est l’heure de se ressourcer sur d’autres choses telles que la course à pied, le bateau de sortie en mer, le golf et de passer du temps en famille.
Les Secrets du Kayak : C’est le premier podcast où on va parler de slalom et je voulais que tu m’expliques comment tu as découvert cette pratique.
Yves Prigent : Mes parents, mes grands parents pratiquaient le canoë-kayak à Rennes. Mes parents me l’ont fait découvrir très tôt, j’ai des souvenirs datant de mes cinq ans. Tout le temps à jouer dehors, regarder les gens pagayer.
Ma première licence j’avais neuf ans en 2002, à Rennes. Ensuite j’ai choisi le slalom par instinct familial, et c’est ma vie aujourd’hui.
C’est un sport où on apprend à se débrouiller, on fait des rencontres, on voyage, et on vit avec son environnement naturel.
Je pense que vers 13-14 ans il y a ce face à face avec le danger, où je n’étais pas rassuré mais mes parents m’ont mis en stage club. Ça m’a donné goût à l’activité.
Ma grande sœur elle n’a pas aimé. Donc il n’y avait pas d’obligation familiale. Je ne me suis pas du tout senti forcé. Pour tout dire j’ai du choisir entre le football et le kayak.
Les Secrets du Kayak : A partir de quand tu as fait des compétitions en slalom ?
Yves Prigent : Ma première compétition c’était à Servon-sur-Vilaine à dix ans. Je pense que très tôt l’adrénaline d’avant le départ et le côté technique de l’analyse de parcours ça m’a plu.
Il y a la préparation jusqu’à l’échéance, et le jour J ça te tient en haleine. Sans compétition c’est compliqué pour moi de m’entraîner, et je ne me sens pas capable d’aller à entraînement tous les jours.
Plus jeune j’ai fait beaucoup de descente. En Bretagne on avait des courses populaires régulières. C’était des épreuves composées de ces quatre activités : de la course en mer, course en ligne et du slalom. A la fin il y avait un classement général.
Tu avais aussi les régates de l’espoir, même avec le bras dans le plâtre.
J’ai juste fait moins d’Ocean racing. Pour de l’entraînement faire de l’endurance, être polyvalent et performant, je pense que c’est complémentaire. J’en ai fait tous les ans en poussins, benjamin et minime.
Après en course en ligne tu es en confrontation directe sur de l’eau calme, donc tu te prépares pour une trajectoire que tu connais à l’avance. En slalom c’est très variable en fonction du bassin, du parcours, ce sont des sports différents qui apportent d’autres plaisirs.
Je n’étais pas très bon en bateau long mais c’est toujours un plaisir pour faire de l’endurance.
Les Secrets du Kayak : A partir de quand la pratique du slalom est devenue plus importante pour toi au point de l’avoir privilégiée ?
Yves Prigent : Je pense que c’est en cadet 1 que je me suis spécialisé avec les participations pour les championnats de France.
Notre bassin en Bretagne c’est les Roches du Diable, et à partir de là j’étais davantage accès tous les hivers sur le slalom. Tous les hivers je passais un cap. Je me suis vraiment spécialisé vers quatorze ans.
A ce moment là je ne m’entraînais pas forcément tous les jours sur l’eau mais plutôt quatre fois par semaine : lundi, mardi, vendredi et samedi. Et ensuite on faisait du renforcement musculaire, des circuits training. Mais on était déjà à une séance par jour, et dès juniors on faisait deux séances par jour.
Je m’entraînais plus à l’époque qu’aujourd’hui. J’avais une scolarité aménagée au lycée Sévigné à Cesson. Il y avait un état d’esprit d’entraînement soutenu par la proviseur du Lycée. C’était un certain rythme de vie. Je n’étais pas à l’internat.
Des gens y venaient de partout même d’Île-de-France. C’était normal de s’entraîner tous les jours. Non seulement le rythme m’a fait progresser mais le groupe aussi, par la confrontation.
On sortait des médailles aux championnats de France tous les ans.
En junior 1 j’étais seizième, et en junior 2 j’ai gagné les championnats de France, c’était une surprise.
Par exemple à Metz j’étais arrivé trois semaines avant l’échéance, et tous les jours j’étais sur l’eau. Et avec mon équipier en C2 on est parti pour nos premiers championnats d’Europe en Bosnie. C’était original, sur une rivière naturelle.
C’est un bon souvenir, il y avait des très bons amis, on y est allé en toute insouciance et on s’est retrouvé propulsé directement dans le top 3 dès les qualifications. Donc c’était jouable. On a fini deuxième au final, derrière un équipage polonais imprenable.
A l’époque le C2 faisait envie, il y avait les JO. Mais tu te rends compte que Junior, tu es très loin du niveau senior. A mon sens il y a deux à trois ans de travail qui séparent les deux catégories, à moins d’être un virtuose.
J’avais l’ambition de performer au niveau mondial en C2. Parce qu'avec mon équipier ça matchait bien, et au pôle France on avait Thierry Saïdi qui avait fait les JO en C2. Donc quand tu as une médaille aux Europe tu ne réfléchis pas de trop.
J’ai longtemps fait à la fois du canoë et du kayak sur une vingtaine de compétitions nationales. Les avis étaient assez partagés entre les gens qui me conseillaient plutôt de me concentrer sur le C2, d’autres me disaient que c’était intéressant de doubler.
En fait il n’y a pas de règles. J’ai longtemps suivi les performances de Sébastien Lefebvre qui m’inspirait beaucoup, et ensuite il y a eu d’autres personnes comme chez les dames qui doublaient.
L’avantage c’est que si tu fais qu’une seule embarcation, tu es obligé de faire une pause certains moments dans la saison. Dès que je rentrais d’une compétition de canoë, directement je partais m’entraîner pour le kayak. J’enchaînais directement.
C’était mon plaisir de retrouver mon embarcation monoplace. Le canoë c’est une embarcation où tu débriefe tout le temps, il n’y a pas de place au hasard. Parfois c’est super, mais dès fois c’est lourd.
Donc le kayak me permettait de me retrouver seul après tout ça. Avec le recul, ça serait intéressant de compter le nombre d’heures passées dessus.
Les Secrets du Kayak : Qu’est-ce qui a fait que tu as arrêté le C2 ?
Yves Prigent : Premier facteur, le fait d’être un sport amateur. Mon équipier a favorisé ses études et son travail.
On avait mis beaucoup l’accent sur la compétition et financièrement au bout d’un moment tu dois choisir si tu bosses ou si tu fait partie de l’équipe de France.
A moins d’avoir des parents qui puissent t’aider financièrement, tu dois choisir. Et puis c’était la fin du C2 aux JO, donc c’était le bon moment pour lui.
La fédération du coup soutient moins, il y a moins de concurrents. On ne sait pas si le C2 sera encore dans les pôles…
On a quand même récupéré pas mal de médailles. Donc on a fait un beau parcours.
Les Secrets du Kayak : Comment tu as fait pour concilier tous les entraînements avec tes études, et ton métier ?
Yves Prigent : Ça relève un peu du miracle mais ça vient surtout du fait d’être dans un environnement facilitateur, qui puisse te le permettre.
Mes parents ont assumé financièrement, ce qui m’a permis de faire études et du bateau.
Et ce sont aussi les structures comme les pôles, la section sportive au niveau de la Fac on pouvait passer les examens en différé. Ça m’a aussi mis en difficulté notamment l’année du concours pour devenir prof, c’était une année très dure mais sans hésiter je le referais.
Avec le recul, le sport soit disant amateur est professionnel. C’est difficile de briller dans son travail et dans son sport.
Ou alors il faut faire des cycles en mettant des accents pour certaines saisons. Là j’ai travaillé et j’ai fait quatrième. Donc c’est bien mais pas assez pour être en équipe de France.
La satisfaction est beaucoup plus grande qu’à l’époque où je ne travaillais pas. Le juste milieu n’est pas facile à trouver. Il y a l’exemple de Martin Thomas qui a réussi ces dernières années sans être à fond dans son travail, il avait des projets à côté. Ça équilibre les ambitions sportives. Si tu n’as que le kayak, ça peut péter.
Moi j’ai la chance d’avoir un travail avec des vacances, après le mi-temps pour moi c’est le meilleur compromis.
Mais le kayak ça coûte cher à très haut niveau, il faut trouver des financements et moi c’est grâce à mes parents si j’ai pu y arriver. Pour se faire aider et trouver des sponsors, il faut être finaliste aux championnats du Monde. Ou alors ce sont des petits sponsors mais ça ne paie pas une saison.
Cette année j’ai pu m’entraîner tous les jours et je me suis fait battre par des gens qui ont un peu plus d’expérience que moi. J’ai profité et savouré mes résultats.
Après il faut bien communiquer avec les gens qui t’entourent que ce soit à l’entraînement, avec tes collègues afin d’être efficace partout. La prochaine étape pour moi c’est d’être un peu plus haut au niveau sportif, peut être mettre un peu moins d’énergie dans mon travail, avec des missions moins élargies, trouver le bon compromis.
Si je me sélectionne j’abandonne mon métier parce les sélections se feront au mois d’avril. La satisfaction serait très différente mais je deviendrais 100% kayakiste de mai à septembre.
C’est ce que fait ma petite sœur ou beaucoup de sportifs. Le sport est devenu professionnel en kayak. Donc quand tu te lèves le matin tout ce que tu feras dans ta journée sera pour optimiser ta performance, de ton petit déjeuner en passant par l’entraînement, par ton repos, tout ça pour rentrer dans la sphère du professionnel.
Tous les pays progressent : les slovènes n’avaient jamais eu de médailles, aujourd’hui ils en ont. Nous la France on n'en a pas ! Il faut remettre en question le système, même si on a des super places, on n'est pas sur le podium.
A trois ans des Jeux chez nous je pense que ça va nous remettre un peu d’humilité. Notre système n’est pas parfait. Il va falloir réussir à partir sur du respect vis à vis d’autres nations, de la concurrence, du travail à fournir. Il faudra absolument être sur les podiums.
Les Secrets du Kayak : Est-ce qu’il faut détenir plusieurs bateaux en fonction du bassin sur lequel on navigue ?
Yves Prigent : A très au niveau oui. Les bassins sont très différents et si tu veux être performant tu dois être capable de t’adapter. Mais ce n’est pas toujours possible, il faut avoir un constructeur, il faut en avoir envie, et c’est aussi une prise de risque. Ça dépend vraiment des athlètes.
Aujourd’hui ce sont le plus souvent des bassins artificiels. Sur l’eau salée ton bateau flotte davantage, donc il faut enlever du volume pour faire des rotations. C’est un facteur d’analyse qui entre en jeu.
Afin de performer j’ai sorti une forme de casque pour être au plus près des piquets parce que ça m’énervait d’avoir un casque où je devais mettre de la mousse. Donc faire du matériel c’est essentiel.
Tu as l’exemple du tchèque qui a fait sa pagaie, il n’a jamais été aussi facile pour passer les piquets.
Les innovations progressent, c’est toujours plus léger et rigide, il y a toujours des trouvailles. Ça va avec la performance.
Aujourd’hui je n’ai plus de bateau il est en commande, mais il y a eu des saisons où j’avais trois bateaux. Le budget c’est 7000€ de bateaux.
Et en pagaie la base c’est d’en avoir trois. En général il en faut une démontable, sinon tu joues d’un demi centimètre en longueur. Entre 2,01 m et 2,02 m ça va changer en fonction de ton état de forme. En canoë tu peux facilement les casser, donc si tu n’en as pas trois tu es mal.
Les Secrets du Kayak : Comment ça fonctionne l’entraînement en slalom ?
Yves Prigent : Je pense que c’est différent en fonction des nations et selon l’âge et l’évolution de ta carrière, ta progression.
Pour moi la règle d’or c’est de passer beaucoup de temps sur l’eau. Pour moi c’est proportionnel au résultat. Pour s’approprier le matériel, les techniques, les automatismes. Il faut que ça deviennent normal et non pas incroyable. C’est comme un musicien.
Mais pour ne pas devenir complètement fou la course à pied et la musculation sont les deux activités faciles à mettre en place, et ce sont celles que j’ai le plus pratiqué.
La musculation j’en ai fait pour compenser un manque physique. Je suis passé de faible à correct en terme de force. Les activités de plein air comme le trail, le ski de fond, c’est vraiment pas mal pour la notion de prise de risque et de glisse, d’engagement, de douleur, pour se mettre dans le rouge.
En slalom c’est 1min30 donc tu es toujours sur du lactique. Si tu n’as pas le cardio et que tu ne t’es pas fait mal, les dernières secondes tu ne peux pas les assumer, ou bien tu perds du temps sur tes concurrents.
Les Secrets du Kayak : Quand tu fais une séance en bateau, est-ce cadré au niveau de tes objectifs d’un point de vue quantitatif, ou bien t’entraînes-tu à l’instinct ?
Yves Prigent : Non, c’est très structuré dans les pôles. Il y a des cycles d’endurance, de puissance aérobie. Lorsque tu te rapproches des compétitions tu fais des séances plus courtes, des séances de vitesse, l’hiver c’est du foncier, l’été c’est plus tonique.
Il y a aussi une part de créativité lorsque tu encadres. Si tu te réduis à un planning tu ne peux pas être le meilleur, il faut ajouter quelque chose en plus, de personnel, une technique, une innovation.
Il faut avoir la capacité pour chaque séance d’avoir des nouvelles pistes de travail.
Après avoir fait de la préparation mentale je pense que des cycles de jeux avec l’eau sont très important à mon sens.
Il faut travailler sous forme de jeux le gainage, la tenue du bateau, le timing. Sur des séances techniques tu vas travailler des stops et des décalés, mais le mental est important.
Une séance en moyenne dure 1h à 2h30 sur l’eau.
Et pour faire mes séances d’endurance je garde de plus en plus mon bateau de slalom. Pour travailler mon appui, c’est intéressant de le faire en bateau de course en ligne mais il faut du matériel.
Pour moi un bateau long c’est intéressant sur une sortie qui en vaut le coup.
Avec mon bateau de slalom je travaille le plaisir de l’appui de transmission. Je ne fais jamais de la ligne droite. Il me faut du tracté, de la rotation. C’est un sport de précision. Sinon je m’ennuie, il me faut de la créativité.
Les Secrets du Kayak : Aujourd’hui tu ne vis plus en Bretagne ?
Yves Prigent : J’ai déménagé il y a un an pour m’installer à Torcy à côté du bassin de Vaires-sur-Marnes. Pour le travail et pour l’entraînement. Je veux être au cœur de l’action pour Paris 2024.
Et je ne regrette pas du tout, je suis au contact des meilleurs français pour mes sélections. Mon projet c’est d’aller à fond pour les JO de 2024.
Pour y parvenir je mange de façon variée, sainement et en grande quantité. Pour moi c’est très important. C’est comme pour le sommeil ou l’équilibre mental.
J’ai démarré en 2018 la préparation mentale quand j’ai choisi de ne faire que du bateau. Je n’en fait pas tout le temps. J’en ai fait ne serait-ce que pour savoir pourquoi tu fais de la compétition, comment, avec qui, est-ce que tout est en place pour que ça marche ? Ça aide à comprendre tes victoires ou tes loupés.
En terme de coach j’ai eu Gérard Vaillant, ensuite cette année je n’en ai pas repris, mon esprit était toujours trop occupé par mon travail.
Donc cette année ma préparation mentale c’était mon rythme, ma rigueur. J’ai eu la chance d’être avec Viven Colober sur les sélections, et mon père qui me suit.
Donc je ressentais moins le besoin d’en faire. Mais le fait de faire de la préparation mentale, tu apprends des techniques que tu peux mettre en place plus tard.
Les Secrets du Kayak : Pour performer il faut un staff autour de soi ?
Yves Prigent : Je ne vais pas dévoiler tous mes secrets mais ma stratégie de préparation nécessite d’être bien entouré. Je dis ça pour rire mais chacun a sa façon de faire, mais ça fait 90 % de la réussite.
Pour un travail individuel tu as au moins sept personnes derrière toi, dont le conjoint, parents, frères et sœurs, préparateur mental, kiné, entraîneur. Souvent on valorise un athlète, mais c’est un travail d’équipe.
D’un point de vue de ma vie sociale, j’ai eu une jeunesse assez profitable. J’ai mes périodes où le plaisir c’est de s’entraîner. C’est une chance de pouvoir faire ça.
Dans certains pays les gens ne savent pas ne serait-ce s’ils peuvent manger, se loger. Je ne peux pas me plaindre. Ça reste un luxe que de pouvoir pratiquer. J’ai une vie sociale même si cette année j’avais l’impression d’être un soldat boulot-kayak et je suis heureux de le faire.
Ma copine ne fait pas de kayak, c’est une sportive qui me soutient beaucoup. Elle est dans un autre domaine. C’est une force et c’est ressourçant de pouvoir discuter des doutes etc. c’est motivant et ça donne envie de continuer ne serait-ce pour elle.
J’ai déjà connu les arrêts pour cause de blessure lorsque j’étais plus jeune vers 22 ans. Je ne me connaissais pas assez, je ne savais pas dire non sur des rythmes d’entraînement.
Les blessures c’était beaucoup pec-biceps quand je faisais du C2. Sinon ce sont des tensions dans le dos, le cou, de la fatigue dans le poignet et le dos.
Dans ma carrière sportive je déplore l’inexistence de bassin comme à Prague. Si je le pouvais je resterais sur l’eau un maximum de temps. On a quand même la chance d’être le pays où nous avons le plus de bassin, c’est ce qui nous permet d’être très fort.
Pour m’entraîner à Vaires-sur-Marne je paie un créneau de 1h15 pour environ 15€. Mais ça fait parti de ton budget à prévoir. Il y a quand même des créneaux collectifs qui te permettent de ne pas payer trop cher.
J’ai déjà fait des stages à l’étranger notamment l’été depuis que je suis cadet, un peu partout, c’est l’occasion de passer beaucoup de temps sur l’eau.
L’hiver je ne fais pas de coupure, c’est risqué. Il n’y a que cette année que j’en ai fait. Il faut en faire, mais au bon endroit dans la saison. Soit après les piges ou les championnats du monde.
Une coupure ne veut pas dire ne pas faire de sport pour moi, ne pas en faire c’est une corvée. Je préfère faire des randonnées par exemple. Ma coupure après un programme complet, c’est deux semaines sans toucher un bateau.
Après des JO ça peut aller jusqu’à six mois, mais chacun jauge, ça reste émotionnel pour ne pas tomber dans le burn-out.
Les Secrets du Kayak : Aujourd’hui qu’est-ce qu’il te manque pour gagner ?
Yves Prigent : Bonne question, mais je pense que si j’avais la réponse ça ne serait pas si drôle. Ça pourrait être un facteur que je ne connais pas encore, comme une forme de sagesse. Je me cherche un peu de ce côté là.
J’ai déjà gagné des médailles, là il me faudrait une victoire en kayak homme en France élite mais ça resterait un ticket d’entrée pour les équipes de France kayak.
Après il y a des petites victoires comme faire une interview Les Secrets du Kayak.
Pour moi tu peux faire cinquième et être hyper heureux. Il n’y a pas de petites victoires.
Là je vois les jeunes arriver, mais j’espère ne plus être là dans cinq ans ! Voir la concurrence arriver comme ça, ça annonce de gros combats.
J’ai du faire environ 1000 compétitions et la seule course où vraiment je ne pouvais pas faire mieux, c’était en kayak. Je n’ai pas de souvenir d’une course parfaite, il y a toujours quelque chose à corriger.
L’analyse de course se fait toujours à chaud, mais elle est toujours différente à froid. La vraie analyse se fait en différé. En slalom c’est toujours de la vérification de pénalité à chaud. Elle fait place à l’émotion qui reste importante.
Vous pouvez retrouver Yves Prigent sur son compte Instagram.